Exposition Marc Riboud



Faisant partie de ces nouveaux lieux urbains tendances, Double Mixte a souhaité devenir un lieu culturel innovant dédié à la photographie grand format.

Passionné de photographies depuis son plus jeune âge, auteur de 2 expositions il y a une vingtaine d’années à Lyon, Jacques CHALVIN a souhaité développé la découverte de cet art au sein du Double Mixte et revendique ce choix arbitraire.

L’exposition Marc Riboud

Lyonnais d’origine, Marc RIBOUD a accepté d’emblée de relever le défi que constituait la taille des clichés exposés (24 œuvres en 4×3) et le thème de la « mixité ».

Au final une sélection émouvante et drôle, parmi plus de 50 ans de reportages dans le monde entier de ce très grand photographe contemporain.

« J’ai toujours été sensible à la beauté du monde plutôt qu’à la violence et aux monstres. Découvrir des rimes et des rythmes dans mon viseur est encore un immense plaisir. Mes planches contact révèlent aussi des passions pour de nombreuses causes. Je ne le regrette pas. La vie serait si triste si nous ne rêvions pas de la changer !
Il y a différentes façons de voir. J’ai la mienne. Pour moi, regarder et photographier une scène de rue ou un paysage de brume est un peu comme écouter de la musique. Cela m’aide à vivre. Après cinquante ans, ai-je changé ma façon de voir ? Je ne le crois pas. On change rarement. Je photographie des choses différentes de la même façon. Quand on me demande quelle est ma meilleure photo, je réponds : J’espère la faire demain, et j’essaierai de changer ma façon de voir. En vain. Les jeunes photographes innovent, je les admire.
Pour moi, la photographie n’est pas un processus intellectuel, c’est un processus visuel. L’œil est fait pour voir et non pas pour penser. J’aime la définition que Walker Evans donne du photographe : un joyeux sensuel parce que l’œil manipule les sens et non les idées. Ce que je cherche est dans la vie, dans la réalité. La création pure, je n’y crois pas trop.
Mon obsession: photographier le plus intensément possible la vie la plus intense. C’est une manie, un virus aussi fort pour moi que le réflexe d’indépendance. Et si le goût de la vie diminue, les photos pâlissent parce que photographier, c’est savourer la vie au 1/ 125 de seconde. »

Marc Riboud

Marc Riboud, voyageur magnifique
par Annick Cojean, journaliste au Monde

Cet homme est libre. Cet homme est passionné. C’est un voyageur magnifique que le monde continue d’étonner.
Cet homme est libre. Parce qu’il sait se perdre sur les chemins du monde, sans jamais s’égarer dans les méandres de l’Histoire. Parce qu’il aime l’aventure, adore la fantaisie, recherche l’imprévisible, mais garde ses distances avec les événements, son libre arbitre dans les débats d’idées, une belle indépendance devant les idéologies. Cet homme d’image est un homme de culture qui, dans son sac de photographe, a toujours plusieurs livres. Et sur sa table de travail, à portée de main, quelques belles citations.
Cet homme est libre. Il aime et il photographie intensément la vie. Il ne cherche pas d’effet. Il ne prend pas la pose. Quand on lui demande de commenter l’une de ses photos, le voilà qui hésite, pudique, embarrassé. Ses longs doigts approchent alors l’image, indiquent des lignes, effleurent une courbe, s’attardent sur un détail. Et puis non, décidément, on se passera de mots. Ils seraient malhabiles. L’œil seul fera son chemin.

BIOGRAPHIE DE MARC RIBOUD

Au moment où il naît, le 24 juin  1923 à Lyon, Marc est le cinquième enfant d’une famille qui en comptera sept.
A l’Exposition Universelle de Paris, il prend ses premières photographies avec le petit Vest-Pocket offert par son père pour ses 14 ans,.
En 1943-1944, dans le maquis du Vercors, il combat auprès des résistants.
De 1945 à 1948, il fait des études d’ingénieur à l’Ecole Centrale de Lyon.
A Villeurbanne, de 1948 à 1951, il travaille en usine. A l’issue d’une semaine de vacances prise pour photographier le Festival de Lyon, il oublie de retourner  à l’usine et décide de se consacrer à la photographie.
Il séjourne alors trois mois à New-York et découvre que la photographie est à l’honneur dans les musées. A Paris il rencontre Henri Cartier-Bresson et d’autres fondateurs de Magnum. Capa l’invite à rejoindre Magnum en 1953. Il obtient une publication dans Life pour une photo d’un peintre de la Tour Eiffel.
Président de Magnum, Robert Capa l’envoie à Londres « pour voir les filles et apprendre l’anglais ». Il n’apprend pas l’anglais mais photographie intensément. Entre 1955 et 1957, il part en Inde en Land-Rover, y séjourne un an puis se rend en Chine.
Il est élu vice-président de Magnum pour l’Europe en 1959.
Après un séjour de trois mois en URSS en 1960, il couvre l’indépendance en Algérie et en Afrique noire.
L’overseas Press Club lui décerne en 1966 son prix pour le livre The Three Banners of China .
Entre 1968 et 1969, il effectue des reportages au Sud et au Nord Vietnam. L’année suivante, l’Overseas Press Club le récompense à nouveau pour Faces of North Vietnam.
Depuis les années 80, plusieurs séjours et voyages au Moyen-Orient et en Orient, au Cambodge, en Chine et au Japon. Photographie aussi en France, dans les jardins de Touraine et  retourne plusieurs fois à Shanghaï pour son prochain livre.
1996 : Forty years of photography in China. Exposition à Paris, Londres, New York, Beijing, Hong Kong, Bilbao…
2000 – 2001 : Plusiers voyages à Istanbul, qui amenent à la publication de Istanbul 1954 – 1998, Imprimerie Nationale Editions, Paris 2003.
2002 : Reçoit le prix Life Time Achievement, à New York.
2003 : Publication de Demain Shangai, Delpire Paris 2003, qui accompagne l’exposition au Musée Carnevalet. à Paris
Flammarion publiera une retrospective du travail de Marc Riboud en 2004, retrospective qui sera aussi presentée à la MEP (Maison Europeenne de la Photographie) en Mars 2004.
Portrait de marc Riboud en noir et blanc

www.marcriboud.com